4- Artaud en juste 100 mots

Atelier d’écriture session 4 sur le Tiers Livre de François Bon.

Description d’un état physique (Le Pèse-Nerfs, 1925) d’Antonin Artaud mais compacifier avec les mots d’Artaud qui servent de balises. « une écriture sans sujet. Ce qui s’exprime, on ne sait pas – le corps parle, ou quelque chose en soi parle qu’on ne maîtrise pas. »

Revenir sur un moment de perte de contrôle, de lâcher-prise du mental sur le corps sans qu’il soit possible de deviner l’événement biographique qui en est la source.


Une sensation de fourmillement intense le long de la colonne – colonne qui vertébrale tout le corps, le dos déployé au-delà de la peau. Fourmillement qui bouillonne tout en muscles par la force de l’os. Vertical, tellement debout les pieds dans le bassin talons plantés que le passage au sol ne saurait être ni perte ni défaite. Du coccyx la queue pousse par la nuque, le geste d’une tête en place de l’animal – la bascule. Mâchoires lâchées, la bouche entre-ouverte épingle le regard par le dessous, tendu sans rien ignorer du torse. Langue à l’affût, les dents qui gouttent.

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