A sa place

Occuper un poste, remplir une fonction requièrent une mobilisation du corps qui ne va pas de soi : se mettre en disposition de. Quand on ferme la porte, que l’on rend les clés, on marche sans avoir à revenir à l’endroit assigné, il est alors possible de prendre la mesure du corps affecté.

L’emploi comme opération de façonnage des corps. À l’impulsion, le besoin mécanique de créer du jeu, d’aller provoquer cette violence en face : poser les questions qui devraient l’être et formuler les réponses qui, quand il s’agit de prendre place.

Ce texte est le début d’une écriture en cours.

A sa place – Derrière l’oeil

Juste là, derrière l’oeil.

Une douleur qui bave, à en étrangler la vue. Au creux de la pupille, la tendresse résignée d’un regard qui apprend à respirer épinglé.

Un regard bien dressé, tiré, tendu, parce qu’il est moins utile de tourner la tête.

Là, juste derrière l’oeil.

Une douleur qui bave. S’écoule, brûlante, dans les narines, transperce d’incandescence le palais, embroche la langue enflée qui ne sait plus que transpirer. Les dents gouttent lorsque la voix file.

Et la respiration écumeuse, égorgée d’inspiration.

Là derrière, juste l’oeil.

Une douleur qui bave à en gonfler les chairs. Découvrant le confort que procure l’insensibilité au monde.

Une douleur qui bave,

poliment.

 

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A sa place-acte I…Prenez place

Un grand merci à François Bon qui accueille sur Tiers Livre la publication du texte « Prenez place« , scène d’ouverture d’un projet d’écriture intitulé  « A sa place » (titre provisoire). Un merci grand donc pour rester toujours ouvert aux nouvelles voix.

La forme de ce projet d’écriture est en mouvement. Comme souvent s’écrit avec la scène en tête. Pour écrire, il me faut provoquer une situation d’énonciation. Encore une fois, celle-ci naît sur un plateau : un espace à investir, un décor et des corps pour entrer dans le réel.

 

 

 

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