ceux que l’on suit

Récits et commentaires de ce(ux) qui traverse(nt).
Ecriture en accompagnement de résidence/création

Espace Périphérique – en cours de résidence 2

Anna m’a demandé de venir pour laisser se faufiler le regard et attraper quelques mots. Je suis donc leur résidence à l’Espace Périphérique pendant quelques jours, stylo à l’oeil et caméra au doigt.

J’écoute et me laisse traverser.

J’écris ce que j’entends. J’écris ce que je vois. J’écris ce que je parle à ce qui apparaît et se meut. J’écris à trois pattes.

Et de toutes ces notes, faire quelque chose le soir, comme cela vient en retour et se croise, sans trop le réfléchir, comme en second mouvement qui se souvient du premier et le modifie. Après ? Après on verra.


Aujourd’hui était un lendemain.

Pourtant ou justement, nous sommes venus dans cet Espace Périphérique.

J’ai très peu écrit mais j’ai écouté et posé l’oeil. Le trapèze Washington suspendu au ciel bleu et rond.

photo(3)

 

 

 

 

 

 

 

Périphérique le soleil.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne sais pas si ça dit : « renversant le fil de la trame comme quelqu’un qui s’efforcerait à défier ses limites; un dialogue intérieur brut s’opère alors en elle, nous donnant à ressentir une infinie partie des forces et résistances qui sont en nous « 

 


Résidence à L’Espace PériphériCapture d'écran 2015-11-12 23.51.12que du 6 au 19 novembre 2015.

Coline Froidevaux, danseuse, équilibriste et trapéziste Washington, diplômée de l’Académie Fratellini en 2013

Anna Rodriguez, chorégraphe, metteuse en scène, poursuit son travail à travers la transmission et la création chorégraphique notamment auprès des circassiens.

Juan Jurado, compositeur et chef d’orchestre diplômé du Conservatoire Supérieur del Liceu à Barcelone et directeur de l’orchestre JOCPE (Jeune Orchestre de Chambre de la Passió de Esparreguera).

Espace Périphérique – en cours de résidence 1

Anna m’a demandé de venir pour laisser se faufiler le regard et attraper quelques mots. Je suis donc leur résidence à l’Espace Périphérique pendant quelques jours, stylo à l’oeil et caméra au doigt.

J’écoute et me laisse traverser.

J’écris ce que j’entends. J’écris ce que je vois. J’écris ce que je parle à ce qui apparaît et se meut. J’écris à trois pattes.

Et de toutes ces notes, faire quelque chose le soir, comme cela vient en retour et se croise, sans trop le réfléchir, comme en second mouvement qui se souvient du premier et le modifie. Après ? Après on verra.


Espace Périphérique1

 


 

Résidence à L’Espace PériphériCapture d'écran 2015-11-12 23.51.12que du 6 au 19 novembre 2015.

Coline Froidevaux, danseuse, équilibriste et trapéziste Washington, diplômée de l’Académie Fratellini en 2013

Anna Rodriguez, chorégraphe, metteuse en scène, poursuit son travail à travers la transmission et la création chorégraphique notamment auprès des circassiens.

Juan Jurado, compositeur et chef d’orchestre diplômé du Conservatoire Supérieur del Liceu à Barcelone et directeur de l’orchestre JOCPE (Jeune Orchestre de Chambre de la Passió de Esparreguera).

L’aiR Nu des ricordi

Chronique d’une expérience de lecture :

j’ai lu et relu Ricordi de Christophe Grossi pour les premières fois en décembre 2014. Son livre était arrivé au Temps de Vivre (librairie-lieu à Aixe-sur-Vienne) après un long voyage, la veille de mon départ pour  Tilos la grecque. J’ai donc emporté ce bel objet de l’Atelier contemporain avec moi dans le silence et le blanc bleu de l’île.

De cette lecture, j’ai fait une recension pour la revue nonfiction et un article sur le cabinet d’écriture numérique sur Rue89. Mais cela était insuffisant, il restait à dire. Nulle part je n’avais trouvé l’espace de dire ce que ces lectures-relectures m’avaient fait au corps : par où étaient passés ces ricordi, comment ils étaient de ce qui nous meut.

Je pensais l’écrire ici mais ressentais davantage la nécessité de le dire, de le dire avec. Le temps de vivre fait son chemin. Et il y a des rencontres. Au printemps dernier, Mathilde Roux me demande de lire Ricordi pour L’aiR Nu ; un espace de la parole s’est alors ouvert. Ce collectif (Piero Cohen-Hadria, Mathilde Roux, Anne Savelli, Joachim Séné) offre une belle aventure : « inscrire la littérature dans un lieu, par la voix, l’écriture et la lecture ». Merci à eux.

J’ai donc lu Ricordi comme il m’avait fait au corps, entre manège et cirque, avec

sur le chemin de L’aiR Nu, l’Italie dans le dos. (cliquer sur l’image pour lancer la mise en sons)

Capture d'écran 2015-09-30 13.07.27

 

Après le temps de dire, revient le temps d’écrire.

Je retranscris ici les quelques mots que j’avais notés en décembre 2014 en écho à cette expérience de lecture des ricordi :

« A lire et relire les ricordi, je me demandais à mon tour combien de temps durerait ce cirque.

Un livre qui donne du fil à retordre, l’esprit se retrouvant aussi entortillé qu’une corde. La sensation paradoxale que tout se tient, tout file, se lie et se lit à la fois. Une expérience de lecture qui vient percuter mon terrain d’écriture : la relation des objets écrits au corps.

Les Ricordi troublent la gravité, cette ligne d’équilibre qui prédispose au mouvement. Chahutent la posture. Comme une intranquilité joueuse. L’impression qu’il me faut redoubler d’attention pour sentir quelles parties du corps font contact avec le sol et comment elles le font, comment en retour ce que nous touchons nous « ensole » et nous « dessole ». Des Mi Ricordo en respiration vous envoûtent.

Il y a toujours un risque à se faire complice du vertige. »

 

 

Anna Rodriguez-Paroles en l’air

2014-09-14Je suis l’Atelier d’Anna Rodriguez depuis plus de deux ans. Quand je peux, quand je passe, je fais en fait en sorte de passer pour pouvoir.

Le regard d’Anna donne lieu à une parole.

D’où lui viennent ces mots, peut-être d’une langue qu’elle ne connaît pas encore elle-même, surprise lorsque je lui répète ses phrases. Sa petite folie catalane ne me semble pas étrangère à l’affaire, lui faisant tourner en bouche autrement le français.

L’envie est née de venir capter ces paroles en l’air au-dessus de nos corps. Les collecter, les rassembler, les faire résonner comme matériau d’écriture.                                                             

Photographie : Raphaël Charuel


 

« Quand on laisse le corps, on est à court de mots.« 

atelier – mercredi 23 septembre 2015.

« Tu appartiens à cette terre, alors viens toucher le sol »

« On joue avec trop d’éléments et on n’arrive pas à tracer un chemin. On fait une brocante et on vend tout, trop pour rien« 

atelier – jeudi 24 septembre 2015.

 

 

 


Anna Rodriguez mène en collaboration avec Nicolas Mège l’atelier « La Danse de l’Acteur »  sur la théâtralisation du mouvement dansé qui, travaillé comme matériel chorégraphique et dramaturgique, invite l’artiste à développer la physicalité de sa voix.

Voir les autres billets :

Anna Rodriguez- « ne cherche pas trouve »

Anna Rodriguez-regard

Une réaction? c’est ici

« Faire danser les alligators sur la flûte de pan » – Une affaire de langue au corps.

Je vous propose de retrouve l’article sur cette pièce sur la revue Nonfiction.fr publié le 13 mai 2015, jour de la nouvelle tournée.

 

 

Faire danser les alligators sur la flûte de Pan, Louis-Ferdinand Céline

Scénographie et mise en scène : Ivan Morane  – Adaptation : Emile Brami – Lumière : Nicolas Simonin – Costume et réalisation du décor : Emilie Jouve.

Production : Théâtre de L’Oeuvre et Les Déchargeurs / Le Pôle diffusion en accord avec Réalités/Cie Ivan Morane – Crédit photo iFou pour le pôle media.

Remerciements à Emile Brami et Ivan Morane pour les entretiens accordés, au Théâtre des Déchargeurs pour les photographies.

Anna Rodriguez-« ne cherche pas trouve »

Capture d'écran 2014-10-31 08.40.15

 


 

1415446_10152786329293656_5497297560022151036_o« ne cherche pas trouve » résonne Anna. Récit d’expériences à l’Atelier.

Anna Rodriguez mène en collaboration avec Nicolas Mège l’atelier « La Danse de l’Acteur » (Mains d’Oeuvres) axé sur la mobilité de l’artiste et sa rencontre avec le mouvement dansé qui, travaillé comme matériel chorégraphique et dramaturgique, invite celui-ci à développer la physicalité de sa voix.

Photo Arnaud Cereghetti

Voir le précédant billet Anna Rodriguez-regard

 

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Claude Favre-apparition fémorale

Langues de guingois vous topent. Vous êtes curieux vous imaginez. Un troubadour passionné. Vous êtes curieux vous tapez. Rien de clair ni d’évident n’apparaît. Vous êtes curieux vous trouvez. Les premières rencontres se multiplient. D’un texte à l’autre, d’un mot à l’autre, d’une respiration, une écriture. Vous êtes curieux vous ne savez pas très bien pourquoi. Vous avez envie de trouver encore. Vous sentez quelque chose pousser. Vous êtes curieux vous tirez. La langue à votre tour.

Un fémur entre les yeux. Vous êtes là.

Une situation de lecture vous a propulsé d’images en état de corps jusqu’à un territoire impossible. En saccade. Vous êtes curieux pourquoi comment. Cette apparition fémorale. Une puissance ossifiante en nouvel appui vous déploie sauvagement. L’instinct entre les dents, l’appel de la langue, le corps en alerte.

« chère Claude, votre écriture est de l’ordre du fémur »

La force de l’os

qui traverse le corps, le plus long le plus solide, incliné pour tenir debout, soucieux de la gravité, l’énergie du mouvement, attentif à ce qui se passe en bas.

qui articule les émotions avec les jambes, une façon de se mouvoir, de pleine fébrilité, de déboîtements impromptus, fonction du temps. L’impulsion au point de fracture.

Par son écriture/à sa lecture, elle bouge déclenche ouvre autrement le mouvement une envie un nouveau champ d’écriture.

 

Le fémur à la langue.

Vous êtes curieux.

 

Merci à Claude Favre ou la poésie comme langues de guingois.

 

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Anna Rodriguez-regard

anna

 

 

 

 

 

 

 anna


Danseuse chez Maguy Marin, Mathilde Monnier, Claude Brumachon, Jean Gaudin, Tomeo Vergés, Samuel Mathieu, et aujourd’hui chorégraphe-pédagogue, Anna transmet le mouvement dansé depuis plus de dix ans en intervenant dans des compagnies, structures et centres de formation. Elle accompagne acteurs et circassiens dans leur cheminement artistique (formation et créations). Elle dirige en collaboration avec Nicolas Mège l’atelier « La Danse de l’acteur », à Mains d’Oeuvres Saint-Ouen.

Photographie : Raphaël Charuel

Voir le billet suivant  Anna Rodriguez-« ne cherche pas trouve »

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Mathilde Roux – J’ai l’amour

Expérience de lecture. Comment vient-on à un livre.

Le titre, la couverture, le mot d’un ami, la critique lue, la simple errance, des fils qui aiguillent. C’est toujours une histoire de rencontre, souvent au temps bien plus multiple que l’événement en lui-même.

Je suis venue à Mathilde Roux par la toile, par la carte, par la ligne, par la touche.

Et de l’émotion ressentie l’envie d’étirer ma curiosité jusqu’à d’autres objets écrits – le livre, elle s’y est collée.

J’ai l’amour.

Un titre rentre-d’dans qui m’a intriguée, parce que trouvé un peu culotté. Regard accroché mais aux premières pages rien du coup de foudre, alors imaginé comme une promesse ; je me sens presque éconduite.

Début de lecture, la réaction fut chaotique – comme avec cet homme ou cette femme dont tout vous percute tant qu’on ne peut imaginer se laisser séduire. Les mots collisés me heurtent, brimbalée je ne sais plus où butiner les phrases. La ritournelle tambourine un vertige infini. J’arrête la lecture au bout de quatre pages, comme pour me sauver – fâchée pour autant de décamper si vite.

Autre attraction brutale mais avec appel. Quelque(s) chose(s) tarabuste(nt). Cette désorientation ne peut me laisser indifférente ; elle trahit la résistance que j’oppose au texte si instinctivement et donc ce qui re-mue en souterrain. Julien Boutonnier a la juste sensibilité de prévenir le lecteur qui pour la première fois se frotterait aux créations de Mathilde Roux.

J’ai l’amour, j’y suis revenue agitée, prête à tous les débordements.

J’ai l’amour est un livre qui ex-cède – qui emmène au-delà des limites, des univers évidents.

j’y retourne pour titiller les bornes et contrarier les butées

je me délecte de cette langue-feu follet

j’y trouve l’ascensionnel

je le lis et le relis par échappée, par bouffée, par bulles de savon

La ritournelle grise et vous prend au mot.

Un livre qui n’en finit jamais.

*

Pour en savoir plus, un petit tour sur publie.net