LE FIL?

celui qui semble tout tenir. Ici donc le fil des « actualités », où tous les articles viennent s’accumuler par le seul effet du temps que l’on dit « passer ».
Un dé-fil-é, juste une autre manière de classer, une autre manière de se retrouver. Ce fil, j’ai préféré le rouler dans un coin.

A sa place – Derrière l’oeil

Juste là, derrière l’oeil.

Une douleur qui bave, à en étrangler la vue. Au creux de la pupille, la tendresse résignée d’un regard qui apprend à respirer épinglé.

Un regard bien dressé, tiré, tendu, parce qu’il est moins utile de tourner la tête.

Là, juste derrière l’oeil.

Une douleur qui bave. S’écoule, brûlante, dans les narines, transperce d’incandescence le palais, embroche la langue enflée qui ne sait plus que transpirer. Les dents gouttent lorsque la voix file.

Et la respiration écumeuse, égorgée d’inspiration.

Là derrière, juste l’oeil.

Une douleur qui bave à en gonfler les chairs. Découvrant le confort que procure l’insensibilité au monde.

Une douleur qui bave,

poliment.

 

Share Button

Coline Pierré et Martin Page – On ne range pas le passé… De la pluie

De partage en commentaires, les fils du net secrètent le hasard.

J’ai lu ce matin un texte de Coline Pierré sur le blog Le carré jaune. Un texte de blog sur les blogs comme le présente l’auteure et qui en dit long sur comment l’écriture nous (pour)suit. Coline Pierré, de blogs en carnets, fait état de son éparpillement et de la trace que tous ses textes ont laissée en elle, adolescence traversant. Et puis une générosité, ce lien bonus : une chanson écrite et enregistrée il y a 10 ans, Au creux de la main.

Je me suis retrouvée dans ses tas de carnets et autres feuilles volantes que je traine ou perds depuis des années aussi. Des années qui remontent elles aussi.

Capture d'écran 2016-07-12 13.12.37Ainsi de suite de visiter le site d’édition de Coline Pierré et Martin Page, Monstrograph, et de revoir passer sous mes yeux De la pluie (du gris nacre au fuchsia pour la couverture). Le livre que Martin Page avait publié chez Ramsay en 2007 et qui m’avait fait comprendre pourquoi je ne sortais jamais avec un parapluie (et pourquoi donc peut-être certains me regardaient de travers quand je sortais non armée). De la pluie, une lecture à ne pas manquer, surtout en été! D’une belle poésie qui nous trempe jusqu’aux rêves.

Alors de venir affleurer « la fine couche de peau » et me souvenir de ce texte écrit il y a presque 10 ans, dans la foulée de la première lecture de De la pluie. Un texte que j’avais glissé dans un fichier appelé « Miettes » publié dans une auto-édition inventée « Dans ma cabane ». Ce n’était plus alors l’adolescence depuis presque 10 ans déjà mais j’y retrouve une certaine naïveté fougueuse.


(copié-collé ci-dessous tel quel – 2007)

Je n’arrive pas à acheter un parapluie.

J’en ai bien eus quelques uns ; on me les a prêtés ou donnés. Dans le premiers cas, je les ai toujours rendus, le plus vite possible, Je suis quelqu’un de très poli. Dans le second cas, je les ai toujours perdus, le plus vite possible. Je suis quelqu’un de très appliqué.

Il nous est tous arrivé de repartir de chez quelqu’un avec un parapluie entre les mains. C’est un geste courant ; ce n’est pas un cadeau, c’est un don. Pour beaucoup, il s’apparente dans l’inconscient à une action humanitaire : « Donner un parapluie, le geste qui sauve ». La pluie nous renvoie à un combat primitif, celui de l’Homme contre la Nature. En embuscade derrière la fenêtre, on observe l’ennemi. La menace est imminente : parés de leur plus sombre uniforme, les nuages serrent les rangs et se tiennent prêts à nous mitrailler. Vous n’aviez pas soupçonné l’attaque ? N’ayez crainte. L’hôte, en sa forteresse, se porte à votre secours en vous tendant un parapluie ! Les plus belliqueux en ont même tout un arsenal dans leur placard. On vous arme alors d’un bouclier. La troupe des convives vous adoube d’un regard d’acier. Nouvelle recrue, vous intégrez le bataillon des Hommes armés face à la Nature.

Pendant longtemps, je n’ai pas eu assez de cran pour refuser un tel grade. Dans nos sociétés policées, la légèreté est le privilège exclusif de la jeunesse. Adulte, un pareil refus se comprend comme un acte subversif qui fait de vous un véritable kamikaze. J’ai ainsi accepté de nombreux parapluies. Je les ai tous perdus avec un naturel inespéré. Sans même en éprouver la moindre tristesse ou culpabilité. D’ailleurs, vos congénères cautionnent ce détachement : pas de panique, on vous réarme aussitôt d’un nouveau parapluie sans s’affliger un seul instant de la perte du précédent. C’est pour votre hôte l’occasion d’un nouveau don ; vous lui offrez son salut. Un parapluie n’est pas chargé de valeur affective. Il y a chez le parapluie un patriotisme rare : il sert ; un esprit de sacrifice exemplaire, de l’utilitaire à l’état brut !

Le dernier que l’on m’a donné, je l’ai toujours ; en mémoire des ses camarades disparus au combat. Il connaît la pire des existences : ignoré, enfoui je-ne-sais-où. C’est plus fort que moi, je ne pense jamais à lui. Il faut dire que je me soucie rarement de savoir s’il pleut. Je m’en réserve la surprise en sortant de chez moi : « Tiens… ? Il pleut ! ». Les gouttes chatouillent mon visage et se nichent dans le tissu de mes vêtements, parfois même tout contre ma peau. Ce n’est qu’une fois dehors que l’idée du parapluie se rappelle à moi : des gens responsables et avisés ont sorti leur parapluie. Je dois avouer mon incapacité chronique à m’équiper de cette panoplie d’adulte. Je n’ai d’ailleurs pas non plus d’imperméable. L’achat d’un manteau a déjà été un cap difficile à franchir. J’en ai deux : un en feutrine et un autre qui se fait appeler « doudoune ». Parfaitement inadaptés à la pluie. J’en fais le constat à la moindre averse : je m’imbibe.

Je n’ai pas l’âme d’un soldat. Avec le temps j’ai fini par m’habituer aux regards désolés des gens pour l’inconscient qui n’a pas de parapluie. Ils me laissent partir de chez eux le cœur serré, accablés par la perspective de ma condamnation certaine : « Le pauvre, il va être mouillé par la pluie ».


Et de me rappeler encore qu’à l’époque j’avais commencé à écrire Du vent.

 

Share Button

Fuite/i

Capture d'écran 2016-07-04 18.30.50Capture d'écran 2016-07-04 18.31.10Capture d'écran 2016-07-04 18.31.31Capture d'écran 2016-07-04 18.31.40

Share Button

3_14 fois ver le même objet.

Atelier d’écriture semaine 3 sur TIERS LIVRE.

« 14 fois, 14 fragments vers le même objet / Les oeillets de Ponge / Où, quand et comment l’objet choisi devient-il risque ? »


 

1

C’est au sol que le marron se manifeste à l’homme. C’est la seule certitude que l’on peut avoir à son sujet car pour le reste, au-delà des apparences bonhommes qu’il tient de son aspect joufflu et brillant, le marron cumule les confusions et contre les évidences.

2

nier

glacé (pas lui)

couleur

d’Inde

en anglais

3

Ambivalence permanente du lisse et du rugueux, du brillant et de l’opaque, de la rondeur et du creux.

4

Pas le poids de son enveloppe mais le sens profond de la couleur.

5

Echappe à toute logique identitaire. D’autres se font passer pour lui quand on le prend pour un autre.

6

Origine non identifiée, en bon élément métisse. Boule d’écorce polie laissant à penser qu’il descend du végétal vivace, ligneux et rameux. Il convient pourtant de préciser que c’est le vent qui l’a porté. Un tel raisonnement emprunte tout au questionnement du « qui de la poule ou de l’oeuf ? » et étouffe par sa linéarité des racines plus profondes. Le marron l’est, marron, comme la terre qu’il embrasse parfois de son humidité boueuse, s’y mêlant à l’en pénétrer et se fondre. N’en est pas moins minéral comme l’indique son radical dérivant du préroman mar, « pierre, rocher ». A ce stade comment ne pas douter de son milieu. L’opercule qu’il partage avec d’autres mollusques témoigne de son adhésion certaine aux choses de la mer alors même que ses fréquentations essentiellement urbaines et routières le lient aux plis de la ville.

7

De notre regard dépend son devenir objet : il y a une vie après la rue.

8

Manuel d’utilisation du marron ?

Fonctions d’usage : travail de la mobilité et de l’adresse (doigts et membres supérieurs),

développement des facultés tactiles, boule anti-stress, presse-papiers ?

Fonctions avancées : sculpture, objet philosophique temporel.

Principaux gestes tactiles : préhension, toucher, double-toucher, toucher maintenu, toucher rotatif (2 à 5 doigts), glisser avec le pouce, glisser peau contre peau.

Autonomie : illimitée.

Durée de vie : longue en milieu domestique ; variable selon le taux d’humidité et l’exposition à la lumière.

Recommandations : placer dans une poche, un sac ou sur le bureau.

9

Rouler, glisser, tourner, voler, sauter.

Scrupule gravitaire.

Rester, (re)poser.

10

Tu regardes toujours de haut. Pourquoi ?

11

Dans sa prononciation, le mot MARRON engage le tout et son contraire dans une pleine bouche résonnante.

Mmmm, point d’articulation bilabiale, un mystère qui éclate en Aaaaa sur une grande ouverture où la langue se cambre, la mâchoire se relâche et le souffle se porte hors du corps.

Rroonn, soudaine obstruction buccale en suite d’un voile du palais rapidement raclé, lèvres pointées en petit trou, résonateurs nasaux à l’oeuvre, fourmillement dans le museau, vibration des cavernes du corps.

MARRON ou les contrastes délicats d’une puissance sonore.

12

Le dessous des choses, à la discrétion des feuilles, un certain regard sur ce qui affleure.

13

Placé hors de son milieu soi-disant naturel, le marron consacre sa parfaite inutilité et repose l’homme de son pragmatisme radical. Il n’est plus un objet dans l’espace mais un objet dans sa durée : temps déspatialisé, sans événements comptables, pas d’avant ni d’après, continuité indivise. Le marron change sans esprit de succession dans l’intensité de ses qualités : réalité temporelle de la matière sans distinction du dehors et du dedans. Mouvement ininterrompu, la vie bourdonnante.

14

Ne peut être vendu. Surtout séparément.

 

Share Button

Google, images de soi ? _Page 5

Le 30 de chaque mois, ce que Google dit de soi en images

30 avril 2016Google et moi page 5 - 30 avril 201630 juin 2016

Google et moi 30 juin 2016-5

Share Button

Google, images de soi ? _Page 4

Le 30 du mois, les images données par Google à mon nom

30 avril 2016

Google et moi page 3bis4 - 30 avril 201630 juin 2016

Google et moi juin 2016-4

 

Share Button

Google, images de soi ? _Page 3

Les images que Google glane

30 avril 2016

Google et moi page 2bis3 - 30 avril 201630 juin 2016

Google et moi juin 2016-3

Share Button

Google, images de soi ? _ page 2

Les images que Google collecte

avril 2016

Google et moi page 2 - 30 avril 2016juin 2016

Google et moi juin 2016-2

Share Button

Google, images de soi ? – page 1

Images données par Google les 30 du mois

avril 2016

Google et moi page 1 - 30 avril 2016juin 2016

Google et moi 30 juin 2016-1

Share Button