A sa place – Derrière l’oeil

Juste là, derrière l’oeil.

Une douleur qui bave, à en étrangler la vue. Au creux de la pupille, la tendresse résignée d’un regard qui apprend à respirer épinglé.

Un regard bien dressé, tiré, tendu, parce qu’il est moins utile de tourner la tête.

Là, juste derrière l’oeil.

Une douleur qui bave. S’écoule, brûlante, dans les narines, transperce d’incandescence le palais, embroche la langue enflée qui ne sait plus que transpirer. Les dents gouttent lorsque la voix file.

Et la respiration écumeuse, égorgée d’inspiration.

Là derrière, juste l’oeil.

Une douleur qui bave à en gonfler les chairs. Découvrant le confort que procure l’insensibilité au monde.

Une douleur qui bave,

poliment.

 

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