L’aiR Nu des ricordi

Chronique d’une expérience de lecture :

j’ai lu et relu Ricordi de Christophe Grossi pour les premières fois en décembre 2014. Son livre était arrivé au Temps de Vivre (librairie-lieu à Aixe-sur-Vienne) après un long voyage, la veille de mon départ pour  Tilos la grecque. J’ai donc emporté ce bel objet de l’Atelier contemporain avec moi dans le silence et le blanc bleu de l’île.

De cette lecture, j’ai fait une recension pour la revue nonfiction et un article sur le cabinet d’écriture numérique sur Rue89. Mais cela était insuffisant, il restait à dire. Nulle part je n’avais trouvé l’espace de dire ce que ces lectures-relectures m’avaient fait au corps : par où étaient passés ces ricordi, comment ils étaient de ce qui nous meut.

Je pensais l’écrire ici mais ressentais davantage la nécessité de le dire, de le dire avec. Le temps de vivre fait son chemin. Et il y a des rencontres. Au printemps dernier, Mathilde Roux me demande de lire Ricordi pour L’aiR Nu ; un espace de la parole s’est alors ouvert. Ce collectif (Piero Cohen-Hadria, Mathilde Roux, Anne Savelli, Joachim Séné) offre une belle aventure : « inscrire la littérature dans un lieu, par la voix, l’écriture et la lecture ». Merci à eux.

J’ai donc lu Ricordi comme il m’avait fait au corps, entre manège et cirque, avec

sur le chemin de L’aiR Nu, l’Italie dans le dos. (cliquer sur l’image pour lancer la mise en sons)

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Après le temps de dire, revient le temps d’écrire.

Je retranscris ici les quelques mots que j’avais notés en décembre 2014 en écho à cette expérience de lecture des ricordi :

« A lire et relire les ricordi, je me demandais à mon tour combien de temps durerait ce cirque.

Un livre qui donne du fil à retordre, l’esprit se retrouvant aussi entortillé qu’une corde. La sensation paradoxale que tout se tient, tout file, se lie et se lit à la fois. Une expérience de lecture qui vient percuter mon terrain d’écriture : la relation des objets écrits au corps.

Les Ricordi troublent la gravité, cette ligne d’équilibre qui prédispose au mouvement. Chahutent la posture. Comme une intranquilité joueuse. L’impression qu’il me faut redoubler d’attention pour sentir quelles parties du corps font contact avec le sol et comment elles le font, comment en retour ce que nous touchons nous « ensole » et nous « dessole ». Des Mi Ricordo en respiration vous envoûtent.

Il y a toujours un risque à se faire complice du vertige. »

 

 

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