Mathilde Roux – J’ai l’amour

Expérience de lecture. Comment vient-on à un livre.

Le titre, la couverture, le mot d’un ami, la critique lue, la simple errance, des fils qui aiguillent. C’est toujours une histoire de rencontre, souvent au temps bien plus multiple que l’événement en lui-même.

Je suis venue à Mathilde Roux par la toile, par la carte, par la ligne, par la touche.

Et de l’émotion ressentie l’envie d’étirer ma curiosité jusqu’à d’autres objets écrits – le livre, elle s’y est collée.

J’ai l’amour.

Un titre rentre-d’dans qui m’a intriguée, parce que trouvé un peu culotté. Regard accroché mais aux premières pages rien du coup de foudre, alors imaginé comme une promesse ; je me sens presque éconduite.

Début de lecture, la réaction fut chaotique – comme avec cet homme ou cette femme dont tout vous percute tant qu’on ne peut imaginer se laisser séduire. Les mots collisés me heurtent, brimbalée je ne sais plus où butiner les phrases. La ritournelle tambourine un vertige infini. J’arrête la lecture au bout de quatre pages, comme pour me sauver – fâchée pour autant de décamper si vite.

Autre attraction brutale mais avec appel. Quelque(s) chose(s) tarabuste(nt). Cette désorientation ne peut me laisser indifférente ; elle trahit la résistance que j’oppose au texte si instinctivement et donc ce qui re-mue en souterrain. Julien Boutonnier a la juste sensibilité de prévenir le lecteur qui pour la première fois se frotterait aux créations de Mathilde Roux.

J’ai l’amour, j’y suis revenue agitée, prête à tous les débordements.

J’ai l’amour est un livre qui ex-cède – qui emmène au-delà des limites, des univers évidents.

j’y retourne pour titiller les bornes et contrarier les butées

je me délecte de cette langue-feu follet

j’y trouve l’ascensionnel

je le lis et le relis par échappée, par bouffée, par bulles de savon

La ritournelle grise et vous prend au mot.

Un livre qui n’en finit jamais.

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