corps

En cours de résidence – Entre les deux faces 2

Je suis le travail d’Anna Rodriguez au Sirque de Nexon. Le pied de /la lettre/ se faufile entre les deux faces sous le chapiteau…  L’oeil oreille une écriture. En cours de résidence – extrait 2

 

on essaie d’y aller comme ça,            avec                                   ce que nous ne savons pas
                                                                                 d’un pied pour qui ne rentre
                                               avant
                    on y va à nouveau
                                                                       un poco antes
como ahora
                                                                                                                                                      on peut faire juste
                                                               quelqu’un qui est déjà
    avant                                après
        on finit comme on a fini
                                                                      pas avant
Refaire
           despues

 

 

Face A – Comme ça / Face B – Tel quel, par Idem Collectif : ouvrages poétiques, deux formes, deux résistances, interprétées par les artistes circassiens Nina Harper et Alexandre Fournier et composées par le musicien et pianiste catalan Juan Jurado présent sur le plateau. Création d’Anna Rodriguez et d’Aline Reviriaud. Résidence au Sirque de Nexon avril 2018, Hors-Piste le vendredi 20 avril à 19h30.

à suivre : extrait 3

avant : extrait 1

En cours de résidence – Entre les deux faces 1

 

Je suis le travail d’Anna Rodriguez au Sirque de Nexon. Le pied de /la lettre/ se faufile entre les deux faces sous le chapiteau…  L’oeil oreille une écriture. En cours de résidence – extrait 1

 

en écho de ce qui frotte, de ce qui tend
entendre. Ne pas entendre
vrombir de pied à peau
qu’est-ce qui peut tomber dans une main
un bruit ou pas, tout dépend
sonore à temps. Et clignote
en gouttes à bras
il pourrait y avoir celui dont l’aile se couche
à trois jambes

on ne sait jamais
ce qui se lève et se suspend, comment savoir
on est celui qui te suit
d’un corps à l’autre
se profile le noir
le visage entre les épaules
tire mes ailes

 

Face A – Comme ça / Face B – Tel quel, par Idem Collectif : ouvrages poétiques, deux formes, deux résistances, interprétées par les artistes circassiens Nina Harper et Alexandre Fournier et composées par le musicien et pianiste catalan Juan Jurado présent sur le plateau. Création d’Anna Rodriguez et d’Aline Reviriaud. Résidence au Sirque de Nexon avril 2018, Hors-Piste le vendredi 20 avril à 19h30.

photo : Alexandre Fournier.

 

à suivre : extrait 2

4- Artaud en juste 100 mots

Atelier d’écriture session 4 sur le Tiers Livre de François Bon.

Description d’un état physique (Le Pèse-Nerfs, 1925) d’Antonin Artaud mais compacifier avec les mots d’Artaud qui servent de balises. « une écriture sans sujet. Ce qui s’exprime, on ne sait pas – le corps parle, ou quelque chose en soi parle qu’on ne maîtrise pas. »

Revenir sur un moment de perte de contrôle, de lâcher-prise du mental sur le corps sans qu’il soit possible de deviner l’événement biographique qui en est la source.


Une sensation de fourmillement intense le long de la colonne – colonne qui vertébrale tout le corps, le dos déployé au-delà de la peau. Fourmillement qui bouillonne tout en muscles par la force de l’os. Vertical, tellement debout les pieds dans le bassin talons plantés que le passage au sol ne saurait être ni perte ni défaite. Du coccyx la queue pousse par la nuque, le geste d’une tête en place de l’animal – la bascule. Mâchoires lâchées, la bouche entre-ouverte épingle le regard par le dessous, tendu sans rien ignorer du torse. Langue à l’affût, les dents qui gouttent.

A sa place – Derrière l’oeil

Juste là, derrière l’oeil.

Une douleur qui bave, à en étrangler la vue. Au creux de la pupille, la tendresse résignée d’un regard qui apprend à respirer épinglé.

Un regard bien dressé, tiré, tendu, parce qu’il est moins utile de tourner la tête.

Là, juste derrière l’oeil.

Une douleur qui bave. S’écoule, brûlante, dans les narines, transperce d’incandescence le palais, embroche la langue enflée qui ne sait plus que transpirer. Les dents gouttent lorsque la voix file.

Et la respiration écumeuse, égorgée d’inspiration.

Là derrière, juste l’oeil.

Une douleur qui bave à en gonfler les chairs. Découvrant le confort que procure l’insensibilité au monde.

Une douleur qui bave,

poliment.

 

Anna Rodriguez-Paroles en l’air

2014-09-14Je suis l’Atelier d’Anna Rodriguez depuis plus de deux ans. Quand je peux, quand je passe, je fais en fait en sorte de passer pour pouvoir.

Le regard d’Anna donne lieu à une parole.

D’où lui viennent ces mots, peut-être d’une langue qu’elle ne connaît pas encore elle-même, surprise lorsque je lui répète ses phrases. Sa petite folie catalane ne me semble pas étrangère à l’affaire, lui faisant tourner en bouche autrement le français.

L’envie est née de venir capter ces paroles en l’air au-dessus de nos corps. Les collecter, les rassembler, les faire résonner comme matériau d’écriture.                                                             

Photographie : Raphaël Charuel


 

« Quand on laisse le corps, on est à court de mots.« 

atelier – mercredi 23 septembre 2015.

« Tu appartiens à cette terre, alors viens toucher le sol »

« On joue avec trop d’éléments et on n’arrive pas à tracer un chemin. On fait une brocante et on vend tout, trop pour rien« 

atelier – jeudi 24 septembre 2015.

 

 

 


Anna Rodriguez mène en collaboration avec Nicolas Mège l’atelier « La Danse de l’Acteur »  sur la théâtralisation du mouvement dansé qui, travaillé comme matériel chorégraphique et dramaturgique, invite l’artiste à développer la physicalité de sa voix.

Voir les autres billets :

Anna Rodriguez- « ne cherche pas trouve »

Anna Rodriguez-regard

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A sa place-acte I…Prenez place

Un grand merci à François Bon qui accueille sur Tiers Livre la publication du texte « Prenez place« , scène d’ouverture d’un projet d’écriture intitulé  « A sa place » (titre provisoire). Un merci grand donc pour rester toujours ouvert aux nouvelles voix.

La forme de ce projet d’écriture est en mouvement. Comme souvent s’écrit avec la scène en tête. Pour écrire, il me faut provoquer une situation d’énonciation. Encore une fois, celle-ci naît sur un plateau : un espace à investir, un décor et des corps pour entrer dans le réel.