mouvement

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S« Tout un système de muscles dits gravitaires, dont l’action échappe pour une grande part à la conscience vigile et à la volonté, est chargé d’assurer notre posture ; ce sont eux qui maintiennent notre équilibre et qui nous permettent de nous tenir debout sans avoir à y penser. (…)

Ils se trouvent que ces muscles sont aussi ceux qui enregistrent nos changements d’état affectif et émotionnel. Ainsi, toute modification de notre posture aura une incidence sur notre état émotionnel, et réciproquement tout changement affectif entraînera une modification même imperceptible de notre posture. C’est le pré-mouvement, invisible, imperceptible pour le sujet lui-même, qui met en œuvre en même temps le niveau mécanique et le niveau affectif de son organisation. Selon notre humeur et l’imaginaire du moment, la contraction du mollet qui prépare à notre insu le mouvement du bras sera plus ou moins forte et donc changera la signification perçue. La culture, l’histoire (…), et (la) manière de ressentir une situation, de l’interpréter, va induire une  » musicalité posturale  » qui accompagnera ou prendra en défaut les gestes intentionnels exécutés. »

Hubert Godard, extrait d’un article intitulé  » le Geste et sa Perception « 

 

Il y a dans cette réciprocité – pour peu qu’on fasse l’effort d’y penser sérieusement –

de quoi reconsidérer le rapport corps/esprit sous l’angle d’une union sans hiérarchie

de quoi questionner l’idée d’une intentionnalité, affirmation d’une volonté toute-puissante dans laquelle s’origineraient nos actions.

de quoi se réjouir de ses déterminations affectives qui inclinent notre trajectoire dans des écarts qui nous échappent.

-S-érendipité où l’attention nous porte

Muscles gravitaires-1

S« Tout un système de muscles dits gravitaires, dont l’action échappe pour une grande part à la conscience vigile et à la volonté, est chargé d’assurer notre posture ; ce sont eux qui maintiennent notre équilibre et qui nous permettent de nous tenir debout sans avoir à y penser. (…) Ces muscles gravitaires, parce qu’ils sont chargés d’assurer notre équilibre, anticipent sur chacun de nos gestes : par exemple, si je veux tendre un bras devant moi, le premier muscle à entrer en action, avant même que mon bras ait bougé, sera le muscle du mollet, qui anticipe la déstabilisation que va provoquer le poids du bras vers l’avant ».

Extrait d’un article intitulé « le Geste et sa Perception », Hubert Godard.

Il y a dans cette solidarité musculaire – pour peu qu’on fasse l’effort d’y penser sérieusement –
de quoi questionner l’apparente évidence à envisager le corps de façon sectionnée.

de quoi imaginer que les choses ne se passent pas toujours là où l’action apparaît la plus manifeste.

de quoi se réjouir que les élans contraires puissent participer d’un même mouvement.

Anna Rodriguez-regard

anna

 

 

 

 

 

 

 anna


Danseuse chez Maguy Marin, Mathilde Monnier, Claude Brumachon, Jean Gaudin, Tomeo Vergés, Samuel Mathieu, et aujourd’hui chorégraphe-pédagogue, Anna transmet le mouvement dansé depuis plus de dix ans en intervenant dans des compagnies, structures et centres de formation. Elle accompagne acteurs et circassiens dans leur cheminement artistique (formation et créations). Elle dirige en collaboration avec Nicolas Mège l’atelier « La Danse de l’acteur », à Mains d’Oeuvres Saint-Ouen.

Photographie : Raphaël Charuel

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[je] dé-missionne_s’est écrit en butée

IMGP3510Ecrire suppose d’accepter

de s’asseoir pour coucher par écrit

que le teXte existe sur une page, puis sur plusieurs plus ou moins successivement

qu’il s’étire de gauche à droite

la ligne, son horizontalité première, son éternel retour à

que tout cela ait un sens, ou du moins peut-être.

 

Longtemps, j’ai cru qu’accepter était se résigner parce que /je/

gardais le souvenir pétrifiant de la chaise, préférant m’allonger pour coucher par plaisir

me cabrais devant la douce et invisible dictature de la linéarité

voyais dans la page un procédé de contention assurant la pérennité de la correction ortho-graphique.

 

Concurremment, mon corps s’est souvenu jusqu’à percevoir

le livre comme un volume, un espace

chaque page comme telle, à prendre dans sa matérialité brute, un espace à investir dans toutes ses dimensions, une scène sur laquelle jouer et danser

la ligne droite dans son mouvement qu’il fallait détourner.

 

Vivement, la résistance que j’opposais à l’objet a déclenché la nécessité de faire de ce teXte

de cette mise en mouvement d’un individu qui justement ne veut plus revenir à la ligne, ne plus rien écrire du tout.

Le livre fut alors tout un con-teXte propre à travailler, paradoxalement commun et sacralisé

un con-teXte nécessaire en raison des conditions matérielles qui précisément le définissent.

 

Continûment, le teXte est venu s’y mouvoir en butée

contre tant de suffisance, même imaginée

contre les bords qui somment le regard et le pas

contre l’habitude de l’oeil, faire trébucher

contre l’ordre de lecture, percuter

tout contre

au contact

 qu’est-ce que je fais                                                                                                                         j’écris

sur la page quand

qu’est-ce que cela me fait                                                                                                                   je lis

 


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